Manon Uffren quitte le FC Nantes pour Parme après une saison où elle a disputé 30 rencontres en Arkema Première Ligue. Ce transfert vers la Serie A italienne repositionne son profil dans la perspective d’une éventuelle convocation en équipe de France féminine d’ici 2026.
Transfert de Manon Uffren à Parme : ce que ce choix révèle tactiquement
Le départ vers un championnat étranger, à 27 ans, n’est pas anodin pour une milieu de terrain française. La Serie A féminine propose un football plus bas en bloc, davantage axé sur la gestion des transitions et les phases défensives organisées. Pour une joueuse habituée au jeu de possession pratiqué à Nantes sous la direction de Nicolas Gimenez, l’adaptation tactique sera un marqueur de polyvalence.
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Parme, promu en Serie A, construit un effectif compétitif. Uffren y trouvera un volume de matchs conséquent dans un environnement qui valorise le pressing haut et la récupération rapide, deux registres où elle s’est distinguée cette saison.

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Nous observons que les milieux françaises expatriées gagnent en crédibilité auprès du staff de l’équipe de France. Évoluer hors de la D1 Arkema oblige à démontrer une capacité d’adaptation que le championnat domestique, plus homogène dans son style, ne teste pas de la même manière.
Saison 2024-2025 au FC Nantes : les performances qui changent la donne
Manon Uffren a été élue meilleure joueuse d’octobre 2024 en Arkema Première Ligue par la FFF, avec 43,9 % des suffrages devant Laurie Cance (37,3 %) et Aïssata Traoré (18,8 %). C’est la première fois qu’une joueuse du FC Nantes figure au palmarès de cette distinction créée en 2020.
Le fait marquant reste son lob de 35 mètres face au Havre lors de la première journée, élu plus beau but de la saison aux Trophées LFP. Ce type de réalisation attire l’attention bien au-delà des cercles spécialisés et contribue à la visibilité médiatique d’une joueuse qui n’avait jamais bénéficié d’une telle exposition.
Titulaire sur l’intégralité des sept premières journées du championnat, elle a affiché une régularité que peu de milieux françaises hors PSG ou Lyon peuvent revendiquer cette saison. Sa capacité à enchaîner les matchs sans baisse de niveau est un critère que le staff fédéral surveille de près.
Parcours en sélections de jeunes et passerelle vers les A
Les bases de données spécialisées confirment qu’Uffren a été suivie dans les sélections jeunes françaises, notamment en équipe de France des moins de 17 ans. Ce passage par les catégories fédérales signifie que son profil est déjà référencé dans les fichiers de la DTN.
La passerelle entre les sélections de jeunes et l’équipe A n’est pas automatique. Plusieurs conditions doivent être réunies :
- Un temps de jeu régulier dans un championnat de premier plan, ce que la Serie A italienne garantit mieux qu’une relégation en D2 Arkema
- Des performances individuelles mesurables sur une saison complète, pas seulement sur un mois isolé
- Une polyvalence tactique démontrée dans au moins deux systèmes de jeu différents, ce que le changement de championnat peut valider
Le prêt à l’AS Saint-Étienne en D2 féminine, plus tôt dans sa carrière, avait répondu à un besoin de temps de jeu dans une phase de reconstruction sportive. Le transfert à Parme répond à une logique différente : prouver sa valeur à l’international.
Équipe de France féminine en 2026 : le contexte de sélection
L’Euro 2025 en Suisse sera le premier test grandeur nature pour la sélectionneuse. Les choix effectués pour ce tournoi conditionneront largement le groupe élargi qui préparera la suite du cycle.
Au poste de milieu de terrain, la concurrence reste forte. Lyon et le PSG fournissent la majorité des titulaires, et les places pour des joueuses issues de clubs moins médiatisés sont rares. Uffren devra se démarquer non seulement par ses statistiques à Parme, mais aussi par sa capacité à s’intégrer dans un collectif rodé.

Nous observons que le staff fédéral privilégie les profils capables de tenir plusieurs rôles au milieu. Une milieu relayeuse qui sait aussi occuper un poste plus défensif ou se projeter en soutien de l’attaque présente un avantage dans les listes élargies, où la polyvalence réduit le nombre de joueuses à convoquer.
- Ses passages par Montpellier, Dijon, Saint-Étienne et Nantes montrent une capacité à s’adapter à des projets sportifs variés
- Son élection comme joueuse du mois prouve une reconnaissance par les pairs et les observateurs fédéraux
- L’expatriation en Italie ajoute une dimension internationale à un CV jusqu’ici exclusivement hexagonal
Manon Uffren face au calendrier 2025-2026 : les échéances clés
La saison 2025-2026 en Serie A italienne débutera à l’automne. Uffren aura quelques mois pour s’acclimater avant les premières fenêtres internationales. Si elle s’impose rapidement dans le onze de Parme, sa candidature pour les rassemblements de début 2026 deviendra difficile à ignorer.
Le premier semestre 2026 sera décisif. Les matchs de qualification ou de préparation programmés par la FFF serviront de test pour élargir le groupe au-delà du noyau habituel. Une milieu performante dans un championnat étranger, déjà connue des structures fédérales depuis les sélections jeunes, coche plusieurs cases du cahier des charges.
Le parcours d’Uffren illustre une trajectoire moins linéaire que celle des joueuses formées dans les centres de Lyon ou du PSG, mais pas moins crédible. Née à Avignon, passée par cinq clubs français avant de partir en Italie à 27 ans, elle arrive à un moment charnière où la maturité tactique compense le manque de visibilité précoce. La balle est dans le camp de Parme, et surtout dans celui du staff tricolore.

