Le parcours d’Alicia Dauby intéresse beaucoup d’aspirants journalistes sportifs, et pour une raison simple : il illustre une trajectoire réaliste, construite par étapes, sans raccourci. Née à Lagny-sur-Marne et formée à l’Université Paris-Sorbonne, elle a obtenu un Master 2 en journalisme avant d’enchaîner les expériences en rédaction – du Figaro à Canal+, de beIN Sports à Eurosport, jusqu’à La Chaîne L’Équipe. Ce qui retient l’attention, c’est moins la liste de ses employeurs que la logique de progression qui la sous-tend.
Master en journalisme à Paris-Sorbonne : un socle, pas un sésame
Alicia Dauby a suivi un Master en pratiques du journalisme à l’Université Paris-Sorbonne. Ce diplôme lui a permis d’accéder à des stages structurants, notamment au Figaro – Culture puis au Figaro – Sport, encore étudiante. C’est ce levier concret qui compte, plus que le diplôme lui-même.
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En France, la qualité de journaliste professionnel ne repose pas sur la possession d’un diplôme mais sur l’exercice principal, régulier et rémunéré de l’activité. Une formation universitaire en journalisme ouvre des portes pratiques – réseau, stages, premiers contacts avec des rédactions – sans être juridiquement obligatoire.
Pour des formations orientées sport, plusieurs universités proposent des masters spécialisés ou des mentions journalisme sportif. Les écoles reconnues par la profession (CFJ, ESJ, IPJ, CUEJ) offrent aussi des cursus sélectifs qui accélèrent l’insertion. Le choix entre voie universitaire et école de journalisme dépend du profil : la voie universitaire laisse plus de latitude pour se spécialiser sur un sport ou un type de média, les écoles reconnues donnent un accès plus direct aux rédactions nationales.
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Les premières expériences professionnelles en journalisme sportif
Alicia Dauby a réalisé ses premières piges à 23 ans pour Canal+, sur le football anglais dans l’émission « Match of Ze Day ». Cette entrée par la pige – contrat court, rémunération à la pièce, aucune garantie de suite – est le cas de figure le plus courant dans le journalisme sportif télévisé.
Le passage par beIN Sports puis Eurosport illustre une progression par spécialité : le tennis d’abord, les sports olympiques ensuite, avant de rejoindre La Chaîne L’Équipe. Chaque étape a élargi son registre de couverture, ce qui est une stratégie efficace pour ne pas se cantonner à un seul sport et rester employable dans des rédactions aux lignes éditoriales différentes.

Pour construire un parcours similaire, les premières expériences pratiques sont déterminantes. Un dossier de travail concret – articles publiés, reportages réalisés, passages à l’antenne documentés – pèse plus qu’un CV académique seul lors d’un recrutement en rédaction sportive.
Ce que le parcours d’Alicia Dauby apprend sur l’insertion dans les médias sportifs
Trois éléments structurent sa progression et méritent d’être identifiés précisément :
- La spécialisation progressive : partir d’une rédaction généraliste (Le Figaro), se spécialiser sur un sport de cœur (le tennis chez beIN Sports), puis élargir sur plusieurs disciplines (Eurosport, La Chaîne L’Équipe). Cette logique évite l’enfermement dans une niche tout en construisant une expertise reconnue.
- La multiplicité des formats : elle a travaillé pour la presse écrite, le digital et la télévision. En journalisme sportif, passer d’un format à l’autre n’est pas un défaut de cohérence – c’est une polyvalence qui augmente le nombre de rédactions accessibles.
- L’exposition progressive à l’antenne : de la pige hors-plateau à la chronique quotidienne (« L’Oeil d’Alicia » du lundi au jeudi sur La Chaîne L’Équipe), la progression s’est faite par accumulation d’expériences visibles, pas par un recrutement direct en prime time.
Ce que ce parcours n’enseigne pas : la durée réelle entre chaque poste, les refus essuyés, les périodes de pige sans suite. Les trajectoires présentées en biographie lissent les zones d’incertitude qui sont pourtant la norme dans ce secteur.
Carte de presse et reconnaissance professionnelle en journalisme
La carte de presse n’est pas un diplôme ni un permis d’exercer. Elle est délivrée par la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) à ceux qui tirent la majorité de leurs revenus d’une activité journalistique. Elle formalise un statut déjà existant – elle ne le crée pas.
Pour un journaliste sportif en début de carrière, la carte de presse devient accessible dès lors que les revenus journalistiques constituent la part principale des ressources. Les premières demandes peuvent intervenir après une période de piges cumulées ou lors d’un premier contrat en CDD dans une rédaction reconnue.
Elle ouvre l’accès à certaines accréditations (compétitions sportives, conférences de presse), ce qui en fait un outil pratique pour couvrir des événements – pas seulement un justificatif administratif.
Comment construire un parcours journaliste sportif concret
S’inspirer du parcours d’Alicia Dauby ne signifie pas le reproduire à l’identique. Les rédactions qui l’ont accueillie existaient dans un contexte media précis ; certaines ont depuis fusionné, réduit leurs équipes ou modifié leur ligne éditoriale. Ce qui reste transposable, c’est la méthode.
- Choisir une formation qui donne accès à des stages en rédaction : master universitaire en journalisme ou école reconnue par la profession, selon le profil et les ressources disponibles.
- Accumuler des travaux publiés dès les premières années : blog spécialisé, média étudiant, pigiste pour un site local ou régional. Le volume de production compte autant que la qualité pour montrer une pratique régulière.
- Cibler des rédactions spécialisées sport pour les stages : chaînes thématiques, presse sportive régionale, médias digitaux couvrant une discipline précise. Le premier stage en rédaction sport vaut davantage qu’un stage généraliste dans l’optique d’une spécialisation.
- Développer une compétence technique visible : montage vidéo, réseaux sociaux, présentation plateau. En journalisme télévisé, la capacité à produire ou à apparaître à l’antenne est un critère de recrutement à part entière.
La progression dans ce métier reste largement dépendante des rencontres et des opportunités de remplacement. Les débuts sont rarement linéaires – Alicia Dauby elle-même a multiplié les employeurs avant de trouver un poste stable sur La Chaîne L’Équipe.
Ce que son parcours confirme : une formation sérieuse couplée à des expériences pratiques précoces constitue la combinaison la plus efficace pour entrer dans les rédactions sportives françaises, quelle que soit la chaîne ou le support visé.

