Dans les coulisses d’un match où tout semble joué d’avance, un détail minuscule fait vaciller la certitude : la tension du cordage. Entre la violence d’un revers croisé et la caresse d’un amorti, c’est ce chiffre discret, inscrit sur la fiche de la raquette, qui décide de la trajectoire. Djokovic le sait mieux que quiconque : un simple kilo, et la balle obéit ou s’échappe, la victoire se dessine ou s’évapore.
Invisible à l’œil nu, le réglage de la tension du cordage a pourtant le pouvoir de bousculer l’issue d’un échange. Ce choix, presque secret, façonne comment le champion imprime sa marque sur la partie. Entre la force brute et la précision chirurgicale, ce détail dessine une stratégie redoutable. Derrière chaque frappe, un fragile équilibre prend forme, où la science rencontre le ressenti.
Comprendre pourquoi la tension du cordage change la donne sur le court
Dans le tennis d’aujourd’hui, la tension du cordage dépasse largement la case technique. Elle agit sur tous les paramètres : direction, vitesse, sécurité, effets imprimés à la balle. Un cordage tendu à 27 kg transforme la raquette en instrument de précision, exigeant l’exactitude du geste à chaque frappe. Descendre sous les 23 kg, c’est gagner en puissance et en tolérance, mais accepter une part d’imprévu à chaque coup.
Impossible de faire l’impasse sur la nature du cordage choisi. Les adeptes du boyau naturel recherchent une élasticité unique, pour sentir chaque vibration, chaque subtilité de l’impact. Avec le monofilament, la rigidité promet plus de durabilité et une frappe stable, mais il faut un bras costaud pour encaisser. Les multifilaments ou cordages synthétiques guipés offrent un confort supérieur, idéaux pour ceux qui veulent préserver leurs articulations ou retrouver du plaisir au contact de la balle. Enfin, le cordage hybride combine boyau et polyester, permettant d’ajuster puissance et contrôle selon les besoins.
Quelques repères pour choisir selon son profil :
- Si la recherche de puissance explosive vous anime, le monofilament tendu vous apportera stabilité et rigueur.
- Pour plus de relâchement et de facilité, une tension plus basse associée à un multifilament sera votre allié.
- La machine à corder joue un rôle clé pour garantir une tension homogène, souvent sous-estimée mais déterminante dans le ressenti.
Ajuster la tension de cordage ne se limite pas à un détail technique : c’est une démarche qui épouse votre style, vos attentes, parfois même votre état d’esprit du jour. C’est là que l’efficacité prend racine.
La stratégie Djokovic : adapter la tension selon le terrain et l’adversaire
Rien n’échappe à Novak Djokovic. Le champion serbe, obsédé par la précision, traite la tension du cordage comme une variable tactique à part entière. Sur gazon, où la balle fuse et le rebond se fait discret, il opte pour une tension plus basse afin de libérer la puissance et multiplier les effets déconcertants. Sur la terre battue, c’est l’exigence opposée : la balle devient plus lourde, les échanges s’éternisent, le contrôle devient la priorité. Djokovic augmente alors la tension, verrouille la trajectoire, réduit le risque d’erreur.
L’ajustement ne concerne pas uniquement la surface. Face à un adversaire adepte du service-volée, il tend davantage le cordage pour garantir la précision sur ses passes. Face à un joueur de fond de court infatigable, il diminue la tension, cherche l’angle, accélère le rythme. Certains réglages s’opèrent même à la dernière minute, selon l’humidité, la pression atmosphérique ou l’état des balles. Le cordage devient alors un outil d’anticipation, une arme tactique à part entière.
Voici comment Djokovic module ses réglages :
- Surface rapide : tension plus basse pour accentuer la puissance.
- Terre battue : tension plus forte pour maîtriser la trajectoire et le contrôle.
- Face à un frappeur puissant : privilégier un cordage qui absorbe l’impact pour conserver la maîtrise du jeu.
Chez Djokovic, la gestion de la tension incarne cette obsession du détail propre aux plus grands. Chaque ajustement peut changer la dynamique d’un match. Le cordage se transforme en prolongement de sa stratégie, une force silencieuse qui influence le résultat.
Dans les coulisses : les réglages précis de Djokovic dévoilés
En salle de cordage, la minutie est de mise. Djokovic confie ses raquettes à une équipe qui veille à chaque détail : cordage hybride ajusté au demi-kilo, configuration sur mesure. Sa formule ? Boyau naturel Babolat Team Natural Gut pour les montants, Luxilon Alu Power Rough pour les travers. Ce duo vise à combiner puissance, contrôle et prise d’effet, tout en maintenant d’excellentes sensations de jeu.
Sur surface dure, sa tension varie entre 25 et 26 kg pour obtenir stabilité et réactivité, notamment en volée. Sur la terre battue, il peut monter jusqu’à 27 kg pour verrouiller les longs échanges. Sur gazon, il descend sous les 25 kg, allonge les trajectoires et profite du rebond dynamique.
| Surface | Tension cordage | Avantage recherché |
|---|---|---|
| Dur | 25-26 kg | Stabilité / Puissance contrôlée |
| Terre battue | 26-27 kg | Contrôle / Précision |
| Gazon | 23-24,5 kg | Puissance / Effet |
L’association du boyau naturel et du polyester permet à Djokovic de trouver un équilibre entre confort et durabilité du cordage. Le boyau offre la sensibilité, tandis que le Luxilon Big Banger Alu Power Rough assure la robustesse et l’accroche. Ce niveau de personnalisation est devenu un modèle pour ceux qui souhaitent maîtriser leur raquette jusque dans les moindres détails.
Trouver votre réglage idéal : mode d’emploi pour les joueurs
Ajuster la tension à sa pratique et à son niveau
La tension du cordage façonne le ressenti et la confiance sur le court. Plus la tension est élevée, plus le contrôle domine, au détriment de la puissance. Baisser la tension, c’est privilégier la liberté de frappe et la douceur du toucher, mais cela suppose aussi d’accepter des trajectoires moins prévisibles.
- Pour les joueurs à la frappe puissante et la technique affirmée, une tension supérieure à 25 kg permet de maintenir le contrôle malgré l’intensité.
- Pour les profils intermédiaires ou ceux qui cherchent davantage de confort, restez entre 22 et 24 kg : la tolérance et la puissance sont alors au rendez-vous.
Choisir le bon cordage : monofilament, multifilament, hybride
Le cordage monofilament (Tecnifibre Razor Code, Yonex Polytour Pro, Head Hawk Touch) séduit par sa longévité et sa précision, mais il sollicite fortement l’avant-bras. Les multifilaments ou le boyau naturel (Babolat Team Natural Gut) privilégient le confort et la puissance, idéals pour ceux qui souhaitent préserver leur physique et retrouver des sensations plus douces.
Le cordage hybride, à l’image du choix de Djokovic, combine robustesse et toucher. Adaptez la tension en fonction de la dominante du cordage (montants ou travers), et testez différents réglages pour affiner votre jeu.
La durée de vie du cordage varie selon le matériau et la tension appliquée. Un monofilament très tendu s’usera plus vite. Rien ne vaut l’expérimentation : faites varier la tension par paliers d’un demi-kilo, écoutez vos sensations, et laissez la machine à corder vous révéler ce qui vous convient. Car au bout du cordage, c’est votre style, point après point, qui prend forme. Un détail, la tension ? Plutôt la signature discrète de tout joueur qui veut faire la différence.


